décembre 05, 2018 4 min. de lecture

L’Histoire se rappelle malheureusement des Vikings comme étant des brutes barbares n’ayant de respect que pour eux-mêmes. En, effet, ce que nous savons des Vikings nous parvient d’oeuvres littéraires créées par le clergé Chrétien (les seuls lettrés de l’époque en Europe), et ces derniers avaient le malheur de compter parmi les victimes préférées des Vikings.


Les ordres monastiques avaient donc toutes les raisons du monde de vilipender leur ennemi. Ces sources étaient les seules disponibles au XIXème siècle pour les chercheurs qui travaillaient à la reconstitution de l’histoire de l’âge Viking. Leur conclusion, influencée par les valeurs et les préjugés de l’époque, est la base sur laquelle notre perception des Vikings, la représentation qu’en font les médias et leur image dans la littérature sont bâtis.


Ce n’est qu’au cours des vingt dernières années environ que l’image des peuples que nous appelons communément les Vikings a été réparée. De nouvelles trouvailles et preuves archéologiques révèlent un peuple cultivé et sophistiqué. Les Archéologues, historiens et autres médiévistes reconnaissent aujourd’hui que notre compréhension de la culture Scandinave durant les premiers jours de l'ère médiévale est inexacte. Une approche plus complète nous montre que la culture Viking est riche de tradition et, encore plus important, est basée sur une culture du savoir.

 

La source de toute sagesse


Cette culture du savoir dans la Scandinavie de l’âge Viking commence avec un mythe. La mythologie nordique était un pilier central de l’établissement des institutions Scandinaves, de leurs structures de pouvoir, de leur culture et des règles sociales. De façon plus spécifique, le mythe autour du Roi des Ases, Odin, résonne fortement parmi ceux qui pratiquent le paganisme Nordique. Odin, créateur de l’Humanité, était obsédé par l’acquisition du savoir. Il s'enorgueillissait de sa capacité à apprendre et à appliquer son savoir au quotidien. Son obsession l’a mené à des comportement extrêmes.


Dans le mythe de Mimisbrunnr, Odin visite le puits qui se trouve au pied d’Yggdrasil (l’arbre monde) et placé sous la garde de la créature mythique Mimir. Le puits contenait savoir et sagesse et donnerait à quiconque buvait de son eau la capacité de clairvoyance. Odin était envieux de ce savoir, mais il avait un prix. Mimir demanda l’un des yeux d’Odin en échange d’une gorgée et Odin accepta, tant sa soif de savoir surpassait son instinct de préservation.


Cette légende sert à illustrer le gouffre qui existe entre la réalité et notre perception de l’âge Viking. Odin, la divinité la plus idolâtrée du panthéon Nordique, poursuivait le savoir plus que tout autre chose. Et selon toute vraisemblance, ses dévots auraient l’ambition de marcher dans ses pas et d’accumuler, eux aussi, savoir et sagesse. Et les recherches archéologiques ont fourni toutes les preuves nécessaires à la confirmation de ce penchant culturel.


Le commerce du savoir


En effet, les Vikings ramenaient bien plus que du butin sur leurs terres. Un exemple parlant est celui des épées Ulfberth dont la construction nécessitait une technologie qui n’était pas disponible à l’époque et dont la qualité, proche de celle de l’acier au creuset, n’a pas pu être reproduite en Europe avant la révolution Industrielle.


L’implication est qu’étant donné la haute température nécessaire, ces épées n’aurait pu être produites par aucune des techniques utilisées par les forgerons de l’époque et de la région. Il est donc évident que la technique utilisée provient d’autre part, probablement de l’Est où l’acier Damassé, proche de l’acier au creuset, était déjà réputé. L’importation de cette connaissance aura donc été rendue possible par les exploits des Rus, les Vikings Suédois, qui ont voyagé par delà les steppes Russes pour ce rendre jusqu’aux confins de l’empire Byzantin. Tant d’échanges commerciaux et culturels avaient lieu qu’une pièce Arabe en argent a été retrouvée au Newfoundland au Canada. Les Vikings ont acquit tant de pouvoir et richesses grâce à l’accumulation de connaissances.


Les archéologues ont pu trouver un nombre impressionnant de preuves pointant vers l’importation en masse d'innovations technologiques en Scandinavie. Une technologie fermière quasi identique aux technologies trouvées en France et en Grande-Bretagne à soudainement apparu dans les archives archéologique aux environs du milieu de l’âge Viking. La supposition est que les Norrois auraient rapporté la technologie suite aux raids qu’ils ont mené dans ces contrées. Cela implique aussi que les Vikings ne massacraient pas de façon indéterminée. Afin d’apprendre comment utiliser ces technologies, ils ont dû communiquer avec les locaux, travailler avec eux pour se familiariser avec ces innovations. La curiosité des Vikings était donc un aspect important de leur culture, un aspect qui leur a indubitablement permis de réaliser leur plein potentiel.

 

L’histoire au vainqueur


La question se pose donc de la raison pour laquelle, s’ils étaient si intéressés par la culture et la technologie, les Vikings procédaient par la violence plutôt que par des méthodes pacifiques. La théorie principale suggère que l’empire Chrétien de Charlemagne les y aurait forcé. Non seulement Charlemagne menaçait les frontières des Danois, mais refusait aussi de commercer avec les non-Chrétiens, un commerce dont les Scandinaves avaient besoin pour subsister. La violence perpétrée par l’empire Chrétien a sans doute influencé la politique extérieure des Vikings. Après le massacre de Verden à Elbe, il est tout à fait possible que les Vikings aient considéré les Chrétiens comme étant violents par nature et auraient en conséquence adopté la posture nécessaire.


L’Europe entière était plongée dans une période de guerres et de conflits constants suite au vide de pouvoir laissé par la disparition de l’empire Romain. Et parce que les seules personnes en mesure d’enregistrer l’histoire des Vikings étaient les membres du clergé Chrétien, cette histoire a été contaminée par un phénomène toujours très présent aujourd’hui: la propagande.


Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.